Venelles et l’eau : toute une histoire

Photo de la Touloubre

On parle souvent d’Aix-en-Provence comme « une ville d’eau, une ville d’art ». Mais Venelles n’est pas en reste…

En Provence, les plus anciens ouvrages remontent à la période romaine, les Romains en effet ont cherché à utiliser les ressources existantes, pour s’installer : la source d’Aquae Sextiae à l’origine d’Aix-en-Provence, la source de la Touloubre au domaine Saint-Hippolyte à Venelles ou encore la chaîne de la Trévaresse, dont la configuration géologique faite de marnes et de calcaires argileux a permis de construire et d’alimenter des galeries drainantes comme celle du Château de la Brillanne ou celle

qui aboutit au Grand Puits au carrefour du Claou à Venelles. Ce furent avec les puits particuliers creusés dans les calcaires la seule ressource en eau de Venelles (les Logis), ressource tributaire de précipitations naturelles et de l’entretien des dits ouvrages de captage.

Et au milieu coule la Touloubre…

Pour ses besoins propres et pour les besoins domestiques, l’eau a toujours été indispensable à l’homme. C’est pourquoi, si les hommes s’installent dans un endroit, c’est qu’ils y ont trouvé de l’eau !

1- Le domaine de Saint-Hippolyte (Velenna Nova)

La source de la Touloubre est située dans le domaine Saint-Hippolyte et en constitue la ressource en eau. La galerie qui la capte pourrait avoir été creusée à l’époque romaine puis réutilisée ensuite. La Touloubre traverse les communes d’Aix-en-Provence, Eguilles, Saint-Cannat, Pelissanne, Salon-de-Provence, Cornillon-Confoux avant de se jeter dans l’étang de Berre.

2- Venelles-le-Haut (Velenna Vetula)

Deux types de ressource en eau caractérisent Venelles et sa partie est, Les Logis.

           a) Le Vallon du Claou

Sur la route de Coutheron (CD 13 A), près du croisement avec la rue du Claou, existe le « Grand Puits », ouvrage profond de 18 mètres. Il reçoit, en fait, l’eau d’une source ou plutôt d’une nappe captée par une galerie de 200 mètres de long environ creusée vers le nord-ouest au-dessous des calcaires oligocènes constituant les « Plaines » de la chaîne de la Trévaresse.

La date de création du « Grand Puits » ne peut être donnée avec précision mais elle est, à n’en pas douter, fort ancienne. Le Grand Puits existerait depuis l’époque romaine et certainement depuis le milieu du XVe siècle.
La fontaine en haut du Vallon du Claou date de 1952.

          b) Le piton de Venelles-le-Haut

Il représente un reste isolé des calcaires de la Trévaresse, coupé de sa base par l’érosion. La ressource en eau provient de deux puits : l’un situé vraisemblablement dans le presbytère de l’église à proximité du château, l’autre, le « vieux puits », en bordure de la rue du même nom. Tous deux sont alimentés par l’eau de pluie à travers le chapeau calcaire.

 

 

 

Les aménagements pour l’alimentation en eau

L’essor économique et social de Venelles se concrétise à partir de 1864 sous l’autorité du maire Félix Chabaud. Entre 1864 et 1868, de nombreux aménagements sont effectués mais cette distribution ne donne pas satisfaction aux Venellois : il apparait à l’usage que la répartition ne se fait pas toujours dans de bonnes conditions entre Venelles-le-Haut et Les Logis, laissant parfois les habitants des Logis dans le besoin, alors que l’eau continue à s’écouler à la fontaine du Claou ! Non loin du centre-ville, on peut encore voir la fontaine des Logis construite en 1868.

En 1876, il est même envisagé de supprimer les fontaines et de construire deux réservoirs pour recueillir les eaux et ainsi mieux les utiliser en pourvoyant aux besoins des habitants. Mais rien n’est réalisé et la situation n’a pas évolué.

En 1893, le Conseil Municipal adopte un projet de distribution, prévoyant d’installer à proximité du Grand Puits une « machine élévatoire » avec moteur à pétrole, destinée à refouler les eaux vers un bassin de 150 m3 bâti près de l’église du village. Ce projet n’aboutit pas et un nouveau projet décide de substituer en 1894, un « moteur à vent » au moteur à pétrole.

Le 18 janvier 1900, le moulin subit beaucoup de dégâts du fait de la violence d’un orage ; il est alors réparé, déplacé et réinstallé sur le bâtiment même de la machine élévatoire.

Malgré des aménagements effectués sur le moulin pour palier la sécheresse et les caprices du débit de la source, en 1926, un nouveau projet de distribution d’eau potable est présenté aux Venellois. Celui-ci consiste à assurer l’alimentation en eau à partir du canal du Verdon qui traverse le territoire de la commune et bouleverse les conditions d’alimentation en eau.

Pour le village et le hameau des Logis, il est prévu de prendre l’eau dans le canal au bord de la route nationale n°96, près de la coopérative vinicole, et de l’élever à l’aide d’une pompe à moteur électrique dans le réservoir du village. L’alimentation du hameau des Logissons se fera gravitairement à partir d’une prise installée sur le canal près du lavoir public de l’Héritier.

En 1955, un nouveau réservoir circulaire (château d’eau) est construit contre le clocher de l’église de Venelles-le-Haut pour compléter le fonctionnement du réseau d’eau potable. Mais avec le temps, les constructions se multiplient, les besoins en eau augmentent, les interventions sur le réseau (extensions, réparations, relevés de compteurs) deviennent plus nombreuses et le service du seul garde-champêtre appelé aussi fontainier s’est considérablement alourdi et ne correspond plus aux conditions techniques exigées.

En 1970, la Société du Canal de Provence édifie un ensemble d’ouvrages qui remplace le vieux canal du Verdon et qui assure la desserte en eau brute de la région dans les meilleures conditions.

Venelles se dote alors d’un matériel moderne de traitement des eaux et s’équipe progressivement d’un réseau de distribution qui apporte aux Venellois l’eau potable sous pression à partir d’un réservoir de 1500 m3 construit en 1969 aux Plaines et situé à côté de la nouvelle station de traitement.

En 2001, l’exploitation est confiée à une régie municipale (REVE) avec l’appui technique de la Société des Eaux de Marseille et de ses filiales.

Aujourd’hui, le réseau d’eau potable alimente près de 3 600 villas et logements. La consommation est de 75 m3 par habitant, soit 200 litres par jour et par personne.